Dimanche 9 Novembre_ E-Jazz Festival_ Pékin

Publié le par Goldfingers



Le grand jour est arrivé ! Nous partons en Asie ! Nous avons RDV samedi à 15h30 à Roissy. Nous voyageons sur Finnair, compagnie finnoise ( on dit finnois, pas finlandais ), cela explique notre escale à Helsinki. Il y a au minimum 11 h de vol. Les habituelles négociations pour embarquer les instruments de musique en cabine sont étonnement faciles, l’équipage est très compréhensif. Je suis évidemment toujours aussi coincé du cou, le voyage s’annonce douloureux. Bonne surprise, il y a de la place pour les jambes. On apprécie le savoir vivre nordique. Le trajet jusqu'à Helsinki est plutôt rapide. On effectue un transit tout en douceur, dans un aéroport à l’ambiance très feutrée. Je n’avais pas mis les pieds dans un long courrier depuis très longtemps, et je dois dire que je suis bluffé. Chaque passager a devant lui un écran tactile et une télécommande ultra perfectionnée, avec boutons recto verso : un coté type clavier d’ordinateur, l’autre côté hybride télécommande de DVD et manette de jeux vidéos. La tranche est équipée d’un lecteur de carte bleue ! On nous met a disposition des jeux de toutes sortes, plutôt nuls en règle générale, des leçons de langues ( je me suis arrête a la première leçon de mandarin), des clips, des albums de musique ( seule artiste français représenté…. Carla Bruni !) et , bien sur, des films à foison.. Rien que le temps de comprendre comment le bouzin fonctionne, de toucher un peu à tout, une bonne heure a le temps de s’écouler. Le décollage est retransmis sur les écrans, en multi caméras, s’il vous plaît. Après les habituels plateaux repas, moins infects que d’habitude, on peut lancer la séance de cinoche. Je regarde un film, essaie vaguement de dormir, puis j’en regarde un deuxième, re-somnole, puis l’atterrissage vient interrompre la troisième séance, KingFuPanda. Désagréable. J’espère qu’au retour je pourrais le reprendre.

Nous arrivons donc à 10h heure locale. Il est 3h du matin heure de paris, et la journée est devant nous ! Inutile de dire que nous avons tous peu dormi. Un ‘runner’ du festival nous accueille et nous fait monter dans un petit mini van à l’asiatique. Laurent est la aussi, il a accompagné Electro Deluxe qui jouait il y a quelques jours. Les sièges a l’arrière se font face, genre salon de limousine, on s’y croirait. La balance est à 12h ! Pas le temps de trainer. On passe juste à l’hôtel déposer ceux qui sont dispensés de sound check, j’ai nommé cuivres et chants. Les chanceux vont pouvoir dormir jusqu’au concert pendant que nous , nous bossons ! La vie est injuste…



On est un peu dans un état second, morts de fatigue, mais tenus à flots par l’excitation. On ne réalise pas très bien encore ou on est, et surtout ou on joue. La salle est une grande salle de concert « classique » dans un parc de la cité interdite. En bref, la crème de la salle à Pékin, au cœur de la ville. Nous sommes morts de faim, il y a un petit catering dépaysant à disposition. L’ambiance est dingue. Grande et belle salle. Il y a dix mille personnes sur le plateau, dont les trois quarts sont inutiles. Les « chefs » sont français et délèguent tant bien que mal à des techniciens chinois. Le reste regarde ce qui se passe. Le chef backline chinois est plutôt sympa et nous communiquons dans langage des signes teinté d’anglais. Il y a un PC sécurité-surveillance  vétuste juste derrière la scène, équipé de dix écrans, piloté en permanence par deux-trois types, au milieu d’un bordel de câbles incroyable. Petit caca mou de l’ingé lumières, scandalisé de ne pas avoir tout le groupe pour la balance. On ne peut pas travailler dans ces conditions, j’ai jamais vu ça, c’est un scandale, demmerdez vous, je me casse. Ce type fera évidemment des histoires tout au long de la journée, pour un résultat que je vous laisse deviner (c’est toujours les plus compétents qui font le moins d’histoires) L’hystérique du jour est identifié. Son installation empêche d’ailleurs les musiciens de voir l’ingé retour. Génial. Heureusement le gars aux retours assure et tout se passe très bien.



La balance dure plus tard que prévu et nous fonçons à l’hôtel nous reposer. Nous sommes au Westin Hotel de Beijing, 5 étoiles, dans un quartier de l’ouest, Financial street. Tout est neuf dans le coin. Il paraît que depuis les JO, les hôtels flambants neufs cherchent désespérément de la clientèle, et cassent les prix. On s’en plaindra pas, rarement nous aurons connu tel luxe. La sieste est trop courte, et il faut rapidement retourner à la salle.

Quand nous arrivons, Laurent de Wilde joue un jazz expérimental, en piano solo, avec un gars à l’ordi qui l’enregistre et rajoute des effets. Les loges sont spacieuses et roots, bordées de miroirs à maquillage. On nous amène un plateau repas que nous mangeons dans les loges et puis, c’est l’heure. Nous commençons devant une salle plutôt froide, pas très remplie et assise. Nous sommes dans un festival de jazz, et BA ne tire du jazz que des influences. Les paroles ont été validées par le comité de censure il y a quelques mois de cela, donc on ne devrait pas terminer derrière les barreaux. Je ne sais plus très bien à partir de quel morceau les gens se sont levés, l’enthousiasme va grandissant, jusqu'à devenir la folie. A la fin, tout le monde est debout et tape dans ses mains. La fatigue aidant, on est euphoriques. On a l’impression d’être des pionniers, que personne n’a jamais fait ca ici. Grosse prestation, donc. On doit vider les lieux rapidement, c’était le dernier soir du festival, il faut tout plier. On nous presse un peu à quitter les lieux.

Impossible de se coucher après un concert pareil, direction une rue réputée pour ses bars qui nous ont conseillé des français rencontrés après le show. On doit les retrouver ici. Premier « vrai » contact avec la ville. Pas grand monde à cette heure là. Nous trouvons finalement le lieu indiqué. Un petit tour a l’intérieur et puis s’en va. On veut un truc plus « typique ». On veut se faire dépayser. On trouve un restaurant tibétain dans la même rue, qui mettra tout le monde d’accord. C’est exquis. On y mange des soupes et des espèces de bouchées à la vapeur appelées « momo ». Le lendemain se prépare. Il y a ceux qui iront à la muraille de Chine, départ 6h du matin. Et ceux qui iront à la cité interdite, départ… plus tard, équipe non définie. Je suis équipé pour ne rien manquer : guide du routard et guide National Geographic. Je préfère passer la journée dans la ville plutôt que faire une excursion à la muraille. Le choix est difficile, mais l’heure de réveil pèse lourd dans la balance.

Après le meilleur petit déjeuner qu’il nous ait été donné de manger, nous passons la journée à marcher dans Pékin. Place tien an Men, Cité interdite, ballade en rickshaw dans les hutongs, promenade dans le parc Beihai . On se régale. Nous sommes frappés par le peu d’occidentaux que nous croisons. Nous sommes d’ailleurs pris plusieurs fois en photo par des chinois ! Nous terminons la journée avec Gaye dans la piscine de l’hotel, qui fera partir les dernières raideurs de mon cou, et mangeons dans la rue dite «  des fantômes » avec Thibault, décorée de lampions rouges et ou l’on peut manger a n’importe quelle heure de la nuit. Les restaurants ferment très tot ici, et il est difficile de trouver une table après 22h30.
Poser devant Mao, notre rêve à tous.


Kung-Fu Hip Hop 4 bientôt en salles !

Nous partons le lendemain a Midi. Nous mettons a profit cette dernière matinée pour faire une dernière balade dans la ville. Séjour trop court à Beijing, on part avec seulement un petit avant gout de la capitale, des hôtels intercontinentaux 5 étoiles et bien sur complètement rincés.

Publié dans On Tour !

Commenter cet article